"Une prise de conscience"

 

Article des Dernières Nouvelles d'Alsace (18 mars 2003).

Ces incidents sont les premiers aussi sérieux à Mulhouse. Quelle est la situation dans les autres patinoires ? Le point avec trois internationaux français et le président des Scorpions.

Claude Bauer, le président du HC Mulhouse, ne craint pas le rapport de l'arbitre sur les incidents du match. Pour l'an prochain, il promet plusieurs aménagements. "Après le match, je suis allé voir les supporteurs. Leurs chansons, c'est bien. Mais qu'ils arrêtent le PQ. Ils sont comme les joueurs : qu'ils arrêtent de tomber dans la provocation et se tiennent à carreau. On arrive en play-offs : certains joueurs sont des habitués du circuit, ils nous connaissent et vont nous chambrer. Que les supporteurs acceptent que les joueurs jouent aussi leur show, en tapant sur le plexiglas ou autre... Il faut savoir se retenir. Un jour, on aura match perdu et tout gagné. J'ai prévenu les Ultras. J'irai les revoir avant chaque match : ils seront provoqués. Samedi, c'était fête, la patinoire était pleine. J'étais fâché. Le problème, c'est la promiscuité supporteurs-prison. On l'inversera la saison prochaine. Je ferai aussi installer un toit au-dessus de la prison. Si ailleurs, il y a des cabines fermées, ce n'est pas pour rien ! Dans cette patinoire, on bricole. Aux play-offs, il y aura plus de monde, s'il le faut, pour calmer les uns et les autres. Le rapport de l'arbitre ? Je ne le crains pas. Si la Commission nous pose des problèmes, je leur demanderai pourquoi on nous envoie un arbitre - M. Bachelet - dont les deux frères évoluent à Grenoble, adversaire direct en vue des play-offs... Ce n'est pas normal."

"Pire ailleurs"

Fabrice Lhenry (29 ans) est international depuis de longues années. Il a évolué dans les championnats allemand et italien. Il est aujourd'hui gardien des Scorpions. "En Allemagne, c'est bien pire ! Les gens jettent toutes sortes d'objets, comme des briquets, dès qu'une décision ne leur convient pas. À Berne, la situation est identique. En Italie, il y a des jets de pièces de monnaie qui gèlent instantanément. Elles peuvent provoquer de graves blessures car ne sont pas toujours visibles. Apparemment, un coup de sifflet de l'arbitre a laissé croire à la fin du match. Ce qui explique ces jets de papier. Ce n'est pas dramatique. Concernant les crachats, je n'étais pas au courant. Il est clair qu'il faut respecter les joueurs adverses et les dirigeants. La solution ? Il faut peut-être installer une protection autour de la prison. Pour cela, il faudra sans doute l'aval de la mairie. Cela passe surtout par une prise de conscience collective. On peut faire des erreurs. On en fait tous. L'important est de ne pas les renouveler."

"Rare en France"

Arnaud Briand (31 ans) est capitaine de l'équipe rouennaise, membre de l'équipe de France. Il effectue son retour dans le championnat de France, après un séjour en Suède. "J'ai déjà connu des incidents plus graves à Milan, où notre bus avait dû quitter la ville sous escorte policière. Mais de tels incidents sont rarement arrivés en France. Il ne faut pas les laisser se dérouler. Le club des supporters doit canaliser ses troupes. Il ne faut pas qu'un ou deux énergumènes puissent agir de la sorte. il faudra absolument que ce problème soit réglé pour les play-offs. Il n'y aucun endroit où cela se passe comme cela. La réaction de Carriou est explicable : il s'est senti menacé. Si on revient jouer en play-offs, il faudra assurer notre sécurité. Je pense que M. Bauer est responsable et intelligent et fera ce qu'il faut. Dans le cas contraire, nos dirigeants seront plus responsables et agiront en conséquence !"

"Problème de respect"

Denis Perez (37 ans) est joueur d'Amiens. Ancien international, il a connu toutes les patinoires de France et fut la cible de provocations verbales lors du dernier Mulhouse-Amiens. Il avait alors chambré le public. L'échange s'était bien terminé.

" J'ai connu des publics dix fois plus chauds qu'à Mulhouse. Le public est là pour supporter son équipe. Il paye sa place. Il est normal qu'il fasse savoir quand il est mécontent. Les insultes, on s'y habitue. Les crachats, c'est plus grave. Il ne faut pas que l'on en arrive à des comportements comme ceux des matchs de foot. Quant à la sécurité et à d'éventuelles protections, je pense que c'est un faux débat. Installer un Plexiglas pour protéger les joueurs n'empêchera pas les accrochages si les supporters sont déterminés. C'est plutôt une question d'état d'esprit. Dans l'ancienne patinoire d'Amiens, les spectateurs étaient 50 cm derrière le banc. Pourtant, il n'y a pas eu beaucoup de débordements. C'est un problème de respect."

 

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