Dans l'œil du cyclone

 

Article de L'Est Républicain (20 juin 2002).

Entre la composition des groupes et la réglementation concernant les étrangers, le monde du hockey est en ébullition. Serein, Besançon attend simplement le top 16.

"Pour être honnête, on ne sait plus où on en est !". Cette confession en chœur de Jean-Pierre Brulebois et d'Alain Pivron en dit long sur les errements d'une fédération de hockey dont les décisions, les volte-face, feraient franchement rire si elles n'étaient pas si graves. Malgré les votes de l'assemblée générale qui s'est tenue à Avignon le 15 juin, c'est toujours un flou qui n'a rien d'artistique.

Tout juste peut on croire que le championnat Elite ou Super 16, existera effectivement. On sait également que Nantes, Strasbourg et Epinal n'ont pas fait acte de candidature. Quant à la composition des deux groupes, qu'il s'agisse d'un découpage Nord-Sud ou Est-Ouest, on s'aperçoit que Besançon ne serait pas forcément avec Mulhouse mais pourrait se retrouver, dans le cas du groupe Nord, avec Rouen, Amiens et Reims. Allez comprendre...

Mais le problème le plus délicat se situe au niveau du nombre d'étrangers autorisés dans chaque équipe. Il serait fixé à huit la prochaine saison, puis sept et enfin six. Sur ce point précis la bataille fait rage entre les clubs alpins qui forment de nombreux joueurs français et les clubs citadins qui bâtissent artificiellement des équipes avec des étrangers. Cela dit, réduire le nombre des étrangers, dont le niveau est supérieur à celui des joueurs hexagonaux, provoque paradoxalement une inflation des salaires des Français devenues en quelque sorte une denrée rare donc précieuse.

Travailler sur la durée

Jean-Pierre Brulebois prône la modération. Avec un budget prévisionnel de 2,5 millions de francs, le président du Besançon HC n'a qu'un leitmotiv, travailler sur le long terme, miser sur la formation et installer durablement le hockey dans les mœurs bisontines. Une stratégie conforme à la personnalité d'un homme qui n'hésite pas à lâcher : "Pour vivre heureux, vivons caché", la culture d'entreprise du groupe Gestrim qu'il dirige.

Dans cette optique, il pourrait donner à Alain Pivron la possibilité de travailler de façon sérieuse et durable sur les cinq prochaines années. L'entraîneur bisontin a son idée sur la question : "Toute évolution passe par la création d'un contexte de mineurs. Quelles que soient les futures réformes concernant les joueurs étrangers ou la hauteur des budgets, la formation des jeunes est notre seule issue" avant de conclure : "L'objectif raisonnable de l'exercice 2002-2003 sera de finir entre la dixième et la douzième place. Nous avons accéléré le processus lors des deux précédentes saisons mais cette fois que nous sommes en Elite, il faut bâtir et prendre plus de temps afin de ne pas mettre en péril l'édifice".

En guise de conclusion, Jean-Pierre Brulebois insiste sur le rôle tenu par le club affaire dans l'actuelle réussite du BHC : "Comme souvent en pareil cas, tout est parti d'une bande de copains passionnés de sport. Le club affaire a été un facteur non négligeable de notre ascension. Ce n'est qu'avec cet état d'esprit que l'on déplace les montagnes...". Le passé des clubs qui ont réussi en atteste.

Frédéric Vial

 

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